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HYMNE AU LAC ! d'Annecy, bien sûr...

Hymne au Lac

 

il faut imaginer ces textes déclamés sur le Paquier un soir de Fête du Lac

 

 

Les textes sont dits par Alain Carré, sur une musique originale de

Sylvain Vallet,

 

 

Il s'agit là de la beauté du monde. Mers, océans, continents, terre, ciel ; composition unique, peut-être inégalée, de tous les mondes galactiques, brodée d'orfèvrerie, piquée de perles fines, et de diamants précieux.

 

J'ai navigué de par le monde, en citoyen d'ici, je veux dire d'Annecy, en citoyen du Lac. Et j'y ai vu tant de merveilles qu'un jour, voyageur fatigué de courses vagabondes, je me suis assis sur une pierre au bord de mon lac, pour réfléchir et dire enfin, de ceux que j'avais vus créés de main divine, quel était le plus beau joyau. J'en appelai à mes souvenirs, et je vis défiler dans leur majesté, les hauts sommets, l'océan, la mer, les îles enchantées, les volcans, les rivières, les lacs... Oui, les lacs, transparences silencieuses qui, de leurs vagues calmes ou fiévreuses, s'accordaient si parfaitement à mes climats intérieurs. Oui, c'était bien les lacs qui, plus que tout autre chose, me comblaient d'enchantement.

 

Alors, je me posai la question suivante : de tous ces lacs connus, quel en est le plus beau ? J’étais toujours assis sur ma pierre, les yeux clos. Lorsque je les ouvris, la réponse était là, vibrante devant moi : le lac d'Annecy, bien sûr, qu'à maints égards aucun autre ne surpasse. Or, je savais tout de lui : sa sérénité, ses colères, ses abysses mystérieuses, ses couleurs, sa vie, sa présence, sa sagesse, son savoir... La profondeur de son savoir.

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Lac Baïkal

 

On m’avait parlé du Lac Baïkal; je suis allé voir : 650 km de longueur, 1700 mètres de profondeur, la plus grand réserve d'eau douce de la planète hormis les banquises, la plus grande patinoire du monde, l'hiver, lorsqu'il est pris par les glaces. Irkoutsk, la ville enchantée qui lui est associée.

 

Il faudrait plus de 1100 lacs d'Annecy pour égaler sa surface, et plus de 20000 pour atteindre son volume. Le gigantisme impressionne, domine, écrase. Mais la beauté n'a que faire de la démesure ; rassemblée sur elle-même, concentrée, réduite à l'essentiel, elle éclate comme un archétype.

 

Si l'on pouvait un jour poser au beau milieu du Baïkal, le lac d'Annecy, celui-ci éclipserait celui-là. Ce serait l'œil au front de Polyphème, la perle à l'intérieur du coquillage, le pur reflet de la splendeur. Ce serait tout cela et bien d'autres choses encore, le lac d'Annecy.

 

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Lac Titicaca

 

« Je ne veux pas chercher des noises aux autres lacs, non, fichtre non !... Au contraire, je les révère et leur donne un satisfecit... » ; Satisfecit au lac Titicaca par exemple, cet autre lac légendaire confit en superlatifs lui aussi ; car il est vaste, et haut surtout : plus de 3800 mètres d'altitude. Sur ses rives, l'activité humaine est débordante. L'agriculture y est prospère, et le commerce aussi. Les paysages y sont enchanteurs, ses flots bleus, irrésistibles. Très tôt colonisé, il fut le berceau des Incas.

 

Tout pour émerveiller, me direz-vous. Et pourtant, comme le disait si bien Brassens à propos de la guerre de 14 - 18, « moi mon colon, çui que j'préfère, ben c'est toujours mon lac d'Annecy ».

 

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Lacs Italiens

 

Alors, il y a les lacs italiens ; Dieu sait qu'ils sont célèbres, et touristiques. Le Lac Majeur, en particulier ; directement orné d'un superlatif inclus dans son nom même. Mais, majeur par rapport à quoi ? A ses frères italiens, probablement : celui de Côme, celui de Garde, etc...qui eux seraient mineurs…

 

Bien entendu, je ne me risquerai pas à comparer les îles Borromées à l'Île des Cygnes ; elles sont tellement riches et belles... Mais pour le reste, regardez bien : l’écrin de montagnes dans lequel est serti le lac d'Annecy, la découpe de ses rives, vue de près comme d'en haut, la transparence, la beauté pure... C'est bien plus que « majeur » ! C'est 10 fois, c'est 100 fois « Supérieur » !

 

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Lac Ontario – Lac Erié

 

On ne peut pas parler du lac Ontario sans parler du lac Erié, puisque le premier se nourrit du second à travers les chutes du Niagara ; spectacle naturel grandiose entre tous ! Et c'est bien cela, et cela seulement, qu'il faut retenir, car il y a peu à dire sur ces lacs, si ce n’est que le lac Erié est extrêmement pollué, et donc l'Ontario aussi, par voie de conséquence. Encore heureux que toute cette eau soit aspirée par le grand Saint Laurent qui se charge de la noyer dans l'océan.

 

Songez que le lac d'Annecy, lui, est d'une pureté cristalline, qu'il abreuve généreusement les hommes de toute une région avec tout ce qui y vit. Songez que la plus grande partie de vous tous, foule immense rassemblée ici ce soir pour cette fête, vous tirez votre propre vie de son eau puisée dans ses profondeurs... Extrême pureté que des hommes avisés ont su comprendre et préserver quand il en était encore temps.

 

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Lac Victoria

 

Encore un qui n'hésite pas à crier victoire ; non sans en avoir les moyens, d'ailleurs : le lac Victoria ! Non sans arborer quelques beaux titres de noblesse, dont le premier est de devoir son nom à une grande reine d'Angleterre. Il est aussi à l’origine du Nil, ce fleuve mythologique, père de la plus ancienne civilisation humaine. Passons sur la majesté des sites qui l'entourent, sur son immensité, sur la diversité de sa faune et de sa flore terrestre et aquatique, parmi les plus riches qui soient. Bref, de quoi éclipser sans coup férir notre brave lac d'Annecy. Mais c’est compter sans l'arrivée de la « perche ». L'homme eut la méchante idée d'introduire ce poisson vorace dans les eaux du lac Victoria. En quelques années, elle prolifèra dans de telles proportions qu'elle détruisit tout ce qui vivait sous sa surface et sur ses rives : poissons, animaux lacustres et terrestres, algues... Et qu'avait-elle à donner, la perche, en échange de cette ruine implacable ? Sa chair, assez appréciée des humains ; mais au prix de la mort du lac Victoria.

 

Pendant ce temps, le lac d'Annecy continuait sa route millénaire, ayant affiché sa noblesse une bonne fois pour toutes par l'adoubement d'un poisson fait chevalier : l'Omble Chevalier, avec la Féra sa suivante, qui pour toujours fit de ses abysses, son palais ; et qui, d'un palais à un autre, continue de combler celui des gourmets que nous sommes. Et voilà comment notre minuscule lac d'Annecy, contre vents et marées, remporte encore la palme.

 

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Lacs Écossais

 

Les lacs écossais sont assez particuliers ; pour commencer, ce ne sont pas des « lacs », mais des « lochs », appellation qui déjà les marginalise quelque peu. Toutefois, il est vrai que de ces somptueuses dépressions d'un vert absolu dans lesquelles ils sont enchâssés, renvoient comme à plaisir et non sans charme, les jeux incessants des nuages aussi bien que les façades immuables des manoirs, des châteaux, que les siècles ont déposés sans compter sur leurs rivages.

 

Mais, dites-moi : Avez-vous jamais pris le temps de vous arrêter au cours de la journée, là où nous nous trouvons en ce moment même, au bord du lac, et de regarder vers le sud, à contre-jour, la ligne brisée que dessinent à l'horizon le château des ducs de Nemours et la Visitation ? Par un soir d'été, dans la baie de Talloires, ne vous est-il jamais arrivé de rester bouche bée devant le château de Duingt et ses reflets moirés sur l'autre rive ? Ne vous êtes-vous jamais sentis confondus d'admiration à la vue du lac tout entier déployé à vos pieds, depuis la petite église de Saint-Germain sur Talloires ? Ces images là, croyez-moi, valent bien celles que proposent les lacs d'Écosse. Quant aux monstres qui, dit-on, peuplent certains d'entre eux, est-il vraiment raisonnable qu'ils en tirent gloire ?...

 

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Lac Balaton – Lac Salé d’Amérique – Lac Léman – Lac de Tibériade

 

Je pourrais tout aussi bien vous parler du lac Balaton, qui inspira à Tchaïkovski le fameux « Lac des Cygnes », du lac salé d'Amérique qui ne manque pas de grandeur dans sa beauté désolée, du lac Léman, notre grand voisin, dont le niveau monterait seulement d'un mètre si l'on y engloutissait tous les hommes de la terre ; et j'en arriverais toujours à la même conclusion. Seul le lac de Tibériade pourrait poser problème, car nul n'a jamais vu un homme marcher sur les eaux du lac d'Annecy et nul n'y fit jamais, que je sache, de pêche miraculeuse.

 

J'ai bien conscience que les arguments que j'ai développés pour expliquer ma préférence n'ont pas toujours été d'une grande solidité, qu'ils venaient du cœur plus que de la raison, trouvant le plus souvent leur justification dans mes racines savoyardes et mon attachement au pays natal. Pourtant, toujours assis sur cette pierre au bord de mon cher lac d'Annecy, et même après mûre réflexion, c'est encore vers lui que va ma préférence. Que voulez-vous… c'est comme ça, et ça ne saurait être autrement !... Même celui qui marche sur les eaux n'y pourrait rien changer !

 

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Léo GANTELET

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74600  SEYNOD

Tel : 06 82 21 93 36

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